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Colloque international "Paradigmes, Modèles, Scénarios et pratiques au prisme de la durabilité"

Publié le 4 avril 2019 Mis à jour le 5 juin 2019
Date
Du 04 décembre 2019 au 06 décembre 2019
Lieu :MSH - 4 rue Ledru à Clermont-Ferrand
Lieu(x)
MSH - 4 rue Ledru à Clermont-Ferrand

Appel à communications 


Si la notion de durabilité (sustainability en anglais) continue d’être associée au Rapport Brundtland (1987) et au concept de développement durable, elle cherche de plus en plus à s’émanciper afin de proposer une représentation du monde cohérente avec les aspirations du moment. Tout doit être durable, l’agriculture, l’alimentation, les ressources naturelles, la biodiversité, l’eau, l’énergie, les villes, les territoires, le tourisme… Au risque de tomber dans la surenchère et l’excès, notre modèle de société doit s’inscrire dans une durabilité forte et refuser tout compromis avec de possibles camouflés (on peut citer ici la croissance verte, le greenwashing, le découplage ou encore le dernier né, l’innovation durable).

Cet engouement et ses attentes pour plus de durabilité dépassent le cadre environnemental. En effet, si la réduction de notre empreinte écologique constitue une nécessité, elle se voit associer à d’autres objectifs (les fameux ODD) qui revendiquent une certaine légitimité. L’éradication de la pauvreté, la réduction des inégalités, l’accès de tous à l’éducation, à l’électricité et à l’eau, le développement d’une énergie à 100% renouvelables… font partie des discours politiques, des cibles des grandes institutions internationales, mais également des revendications émanant des citoyens du monde. Les récents événements survenus en France, le mouvement des gilets jaunes, constitue à ce titre, une excellente illustration. Motivé par la hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, ce mouvement s’est progressivement élargi à d’autres revendications sociales (hausse du pouvoir d’achat, maintien des services publics, amélioration de la démocratie…), puis répandu dans un grand nombre de pays (Allemagne, Belgique, Espagne, Irlande, Royaume-Uni…).

L’appel à communications entend s’appuyer sur ces faits et ces attentes afin de questionner les paradigmes, les modèles et les scénarios qui incarnent aujourd’hui la notion de durabilité. Aussi curieux que cela puisse paraître, des sujets tels que les énergies renouvelables, la démocratie participative, l’agriculture biologique, l’agroécologie ou encore les éco-villes n’ont pas attendu d’être portés par la vague de la durabilité pour revendiquer certaines pratiques ou proposer des représentations alternatives. De ce fait, on peut s’interroger sur le sens qu’il convient de donner à l’idée même de durabilité et aux représentations qu’elle véhicule.
 

Les organisateurs du colloque entendent privilégier les thèmes suivants, toutefois, toute proposition suscitant un débat ou un questionnement de la durabilité sera étudiée avec attention :

  1. Comment les différentes sciences abordent-elles la question de la durabilité, existe-il des différences importantes entre les sciences sociales, les sciences de l’ingénieur, les sciences de la vie et de la terre ? Est-ce que les sciences sociales portent une vision unanime et universelle de la durabilité ou doit-on distinguer les sciences économiques (et leur approche en termes de durabilité faible et durabilité forte) des sciences de la communication ou des autres sciences sociales (géographie, sociologie, anthropologie…). Ce premier thème entend proposer un recueil des représentations sur la durabilité et initier des débats autour d’une approche interdisciplinaire ou transdisciplinaire de la durabilité.
  2. Quels sont les dimensions et les thèmes qui incarnent ou au contraire échappent au discours sur la durabilité. On pourra s’interroger ici sur la portée et la signification d’une culture durable, d’une gouvernance durable, d’une démocratie durable, d’une agriculture durable, d’une économie durable… Ce deuxième thème soulève également la question des nouveaux champs de la durabilité (l’agriculture urbaine, les villes durables, l’éducation à la durabilité, la mobilité durable…) ou des mesures reflétant une certaine idée de la durabilité (revenu universel, monnaie complémentaire, territoires zéro chômeurs…).
  3. Quels sont les paradigmes qui incarnent aujourd’hui l’idée même d’une durabilité forte ? Par paradigme, nous entendons ici une représentation du monde ou une manière de voir les choses qui repose sur une matrice disciplinaire, un modèle théorique, un courant de pensée, voir un ensemble de pratiques dites citoyennes. Doit-on positionner la durabilité forte au niveau de paradigmes dits alternatifs, tels que l’économie sociale et solidaire, l’économie collaborative, l’économie du partage, l’écodéveloppement, le courant de la décroissance, le courant de la complexité, le Buen vivir, l’économie écologique, l’écologie politique, l’écologie industrielle, la bioéconomie… ou faut-il plutôt y voir le simple retour des utopies face à l’idéologie de la croissance et du progrès technique ?
  4. Quels sont les modèles, les méthodes et les outils scientifiques qui laissent une large place à la durabilité forte ? Cette dernière renvoie à la modélisation des systèmes complexes et dynamiques. L’approche systémique ou encore la dynamique des systèmes sont souvent présentées comme des méthodes adéquates pour appréhender la complexité des systèmes (boucles de rétroaction, prise des effets temporels et des délais) et la durabilité au niveau global (à l’intérieur des limites du système étudié). Des outils tels que l’analyse du cycle de vie, les matrices input – ouput, les cercles de soutenabilité sont également mobilisés dans les sciences de l’ingénieur et les sciences sociales afin de circonscrire la notion de durabilité. Enfin, une nouvelle génération de modèles, tels que les modèles d’intégration assignée proposent d’intégrer à la fois des questions énergétiques, économiques, climatiques, environnementales (qualité de l’air, biodiversité…) afin de suggérer au décideur politique, des stratégies d’atténuation ou d’adaptation. En quoi ces modèles s’inscrivent-ils ou non dans une logique de durabilité forte.
  5. Quels sont les scénarios à l’horizon 2025, 2050 ou 2100 qui incarnent le plus l’idée même d’une durabilité forte ? Faut-il voir dans les scénarios du type croissance illimitée, état stationnaire, décroissance ou effondrement, une manière de penser (ou pas) la durabilité ? Quelle place doit-on donner aux scénarios dit utopiques (le 100% énergies renouvelables) et décrivant ce que nous souhaiterions pour le futur face aux scénarios dits pragmatiques (le mix énergétique) et incarnant une transition énergétique ? Est-ce que finalement l’idée même de transition ne nous éloigne-t-elle pas d’un schéma de durabilité forte ? Elle pourrait même passer pour un abus de faiblesse, distillé par des lobbys qui ne sont pas prêts à faire les changements radicaux et nécessaires pour basculer dans une société du mieux vivre.
  6. Comment financer cette durabilité ? Si les Etats et les grandes institutions internationales investissent dans les énergies renouvelables, l’agriculture biologique, les bâtiments à énergie positive, les mobilités durables, se pose aujourd’hui la question du mode de financement de ces actions et ces stratégies. Les taxes et les subventions (et plus généralement la fiscalité), les dépenses publiques (au niveau national ou européen), la réforme des marchés financiers… ou encore la mise en place d’une politique monétaire active pourraient être autant d’outils engageant nos sociétés vers plus de durabilité.
  7. Comment évaluer la durabilité ? Cette dernière est souvent mise en tension, entre discours scientifique, débats politiques et pratiques de terrain. Une évaluation de la durabilité soulève un ensemble de questions et d’enjeux : Qu’est ce qui peut être évalué (au sens des objets de la durabilité) ? Qui peut évaluer (au sens de l’expertise) ? Comment évaluer (au sens des procédures, des méthodes et des indicateurs) ?

Les propositions de communications en anglais ou en français devront comporter un résumé de 350 à 500 mots, un titre, les noms des auteurs et de leurs institutions, leurs emails. Elles devront nous parvenir avant le 15 juillet 2019 sur le site https://sustainability.sciencesconf.org. Les textes définitifs devront être envoyés pour le 15 novembre 2019. Une publication des travaux sera proposée via deux revues (Revue Francophone du développement durable et European Review on Sustainability and Degrowth) et un ouvrage collectif. Deux prix seront décernés à l'issu du Colloque : le Prix Jean Monnet pour le développement durable pour un chercheur expert, le prix Donella Meadows pour le développement durable pour une jeune chercheuse. Les candidats souhaitant concourir pour ces prix, devront envoyer leur texte définitif avant le 15 septembre 2019. Les lauréats se verront prendre en charge leurs frais de voyage et de colloque, et bénéficieront d'une invitation pour un séjour de 15 jours au Centre d'Excellence ERASME sur le développement durable.
 

  • Le colloque est labellisé Eurasmus +, il s’inscrit dans les activités du Centre d’excellence Jean Monnet sur le développement durable (ERASME), implanté à l’UCA et sur le site de Polytech Clermont Ferrand.
 
  • Comité d’organisation : David Collste, Patricia Coelho, Arnaud Diemer, Florian Dierickx, Johanna Gisladottir, Ganna Gladkykh, Jennifer Hinton, Faheem Khushik, Manuel Morales, Eduard Nedelciu, Abdourakhmane Ndiaye, Maartje Oostdijk, Timothée Parrique, Marie Schellens, Nathalie Spittler, Julian Torres.
 
  • Comité Scientifique : Belaïd Abrika (UMMTO, Algérie), Christian Adamescu (Research Centre in Systems Ecology and Sustainability, University of Bucarest, Roumanie), Eric Agbessi (UCA, France), Amanar Akhabbar (ESSCA, France), Gerd Alhert (GWS, Allemagne), Aleix Altimiras Martin (UNICAMP, Brazil), Najet Aroua (Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme, Algérie), Virginie Baritaux (VetAgro Sup, France), Cécile Batisse (CERDI, UCA), Salim Belyazid (Stockholm University, Suède), Eric Berr (Université de Bordeaux, Gretha, France), Simone Bertoli (UCA, CERDI, France), Jérôme Blanc (Sciences Po Lyon, Triangle, France), Dominique Bourg (UNIL, Suisse), Sabrina Brullot (UTT, France), Nicolas Buclet (Université Grenoble Alpes, France), Pascal Carrère (INRA, France), Derek Chan (Millenium Institute, USA), Patrick Criqui (CNRS, France), Eric Dacheux (UCA, France), Guillaume Deffuant (Irstea, France), Arnaud Diemer (UCA, CERDI, France), Ali Douai (Université de Nice Sophia Antipolis, GREDEG, France), Nicolas Duracka (CISCA, France), Gilles Dussap (Polytech Clermont Ferrand, France), Suren Erkman (UNIL, Lausanne, Suisse), Marie Fare (Université Lyon 2, Triangle, France), Sylvie Ferrari (Université of Bordeaux, Gretha, France), Catherine Figuière (Université Alpes Grenoble, France), Etienne Espagne (AFD, CERDI, France), Gérard Fonty (GREFFE, France), Geraldine Froger (Université de Toulouse, France), Giorgos Kallis (Universitat Autonoma de Barcelona, Espagne), Rafia Halawany-Darson (VetAgro Sup, France), Paul James (Western University of Sydney, Australie), Jean-Marc Lange (Université de Montpellier, France), Elisabete Linhares (Santarem, Portugal), Salma Loudiyi (VetAgro Sup, France), Jean-Philippe Luis (MSh Clermont-Ferrand, France), Gilles Mailhot (UCA, FRE, Frane), Sébastien Marchand (UCA, CERDI, France), Jean Denis Mathias (Irstea, France), Paulo Marques (Université de Sao Paulo, Brésil), Aurélie Méjean (CIRED, France), Mark Meyer (GWS, Allemagne), Antoine Missemer (CIRED, France), Basarab Nicolescu (CIRET), Jenneth Parker (Schumacher Institute, Angleterre), Matteo Pedercini (Millennium Institute, USA), Francine Pellaud (HEP Fribourg, Suisse), Lydia Prieg (Cambridge University, Angleterre), Laurent Rieutort (IADT, France), Laurence Roudart (ULB), Lucie Sauvé (UQAM, Canada), Valeria Jana Schwanitz (Western Norway University of Applied Sciences, Norvège), Anne Snick (KU Leuven, Belgique), Raffaela Taddeo (University G. d’Annunzio of Chieti-Pescara, Italie), Ariane Tichit (UCA-CERDI), Sebastian Toc (Research Institute for Quality of Life, Romanian Academy, Roumanie), Laurent Trognon (AgroParisTech, France), Franck-Dominique Vivien (Université Reims Champagne Ardennes, France), Dmitry Ymashev (Lancaster University, Angleterre), Jean Paul Vanderlinden (University Paris Saclay – University of Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, France), Tommaso Venturini (CNRS, France), Videira Nuno (New University of Lisbon, Portugal), Peter Victor (York University, Canada).
Contact :
Arnaud Diemer / Julian Torres :